Ice Festival

Projet intercommunal et multiculturel, le ICE Festival promeut les écritures contemporaines liées aux arts de la scène aux arts plastiques, au cinéma et à la littérature, en articulant un ancrage local à Saint Jean-du- Doigt, Plougasnou et Morlaix à une dimension régionale et internationale.

« Autoportrait à » est le thème qui orchestre ces rencontres interdisciplinaires. Lorsque nous nous dédions au portrait, souvent un autoportrait se dessine en creux, et inversement. Sont ainsi privilégiées les propositions qui inscrivent le dialogue avec l’autre au centre.

Mené par l’artiste Patricia Allio et son équipe, le Ice festival impose sa vision résolument engagée de la création contemporaine. Création qui ne se conçoit pas en dehors du lien à l’autre et qui souhaite, avant tout, donner la parole à ceux qui ne l’ont pas. ICE met ainsi en lumière les minorités linguistiques, politiques et sexuelles. Représenter ne signifie pas parler à la place de quelqu’un.e d’autre, mais ouvrir des espaces et donner la parole à ceux et à celles qui en sont privés. C’est à l’aune de cet horizon multiculturel que la première édition de ICE a démarré en octobre 2016

En 2016, la première édition a eu lieu exclusivement à Saint-Jean-du-Doigt en octobre. Sous le signe fondateur du multi linguiste et multiculturalisme, il s’est ouvert avec la projection du film de Cécile Friedmann Moippen Mama, tourné au Japon. Le lendemain à l’Eglise de Saint Jean-du-Doigt, Adeline Olivier et Ivan Boisso ont présenté leur autoportrait suivi d’un autoportrait à Alix Cléo Roubaud d’Hélène Giannechini. Le samedi soir le Festival s’est achevé avec Bullet d’Anne Mulpas où l’on a pu entendre Léonie Pernet et Hanaa Ouassim chanter en arabe des sourates.

En 2017, Assa Traoré était l’invitée d’honneur, elle a présenté Lettre à Adama et a inauguré la fresque des « autoportraits à » avec la maire de Saint-Jean-du-Doigt, Maryse Toquer. ICE s’est résolument placé sous le signe du métissage et du plurilinguisme puisque les écrivains André Markowicz et Françoise Morvan, les musiciennes Annie Ebrel et Hélène Labarrière étaient réunies pour une performance qui faisaient se rencontrer le breton et le russe. Et ce sont aussi la musicienne et chanteuse italienne Niconote et la performeuse danoise Camilla Graff Junior qui étaient présentes pendant plusieurs jours sur le territoire pour partager avec les habitant·e·s leurs pratiques dans le cadre d’ateliers. Elles ont présenté ensuite leurs créations, l’une à l’Eglise de Plougasnou avec Fever 103, l’autre à St Jean-du-Doigt. Clarisse Tranchard et Jérémie Nicolas ont présenté leur installation filmique à la salle Casino de Saint Jean du Doigt.

Dans ce même horizon ouvert et décloisonné, l’édition 2018 a été placée sous le signe de l’« Autoportrait au nomade » et du lien avec l’Afrique. Du 29 juin au 2 juillet 2018, la troisième édition du Ice festival a rayonné depuis
Saint-Jean-du-Doigt et Plougasnou et s’est étendue jusqu’à l’île de Batz. Artist.e.s, musicien.n.es, écrivain.e.s, militant.e.s ont dessiné ensemble un « Autoportrait au nomade ».

Dans un moment où l’accueil international s’impose comme une nécessité politique et humaine, partout en France et en Europe on assiste au retour de replis nationalistes et de manifestations racistes. C’est pourquoi en 2018 – mais aussi en 2019, pour sa quatrième édition – le Ice festival a voulu et veut contribuer à ouvrir les frontières, célébrer la solidarité, réanimer nos puissances d’agir. En réunissant une dizaine d’artistes et d’auteurs autour du thème de « l’autoportrait au nomade », le Ice festival a proposé au coeur du Pays de Morlaix, une programmation d’envergure internationale et réaffirmé son attachement au multiculturalisme. Le Ice festival a invité des artistes, danseurs, écrivains, originaires d’Afghanistan, du Burkina Fasso, du Soudan et du Tchad. Cet événement s’est proposé comme l’ébauche d’un monde commun, un appel à l’invention et à la liberté.

Comme lors des deux premières éditions, cet événement a entendu rendre visible les minorités, qu’elles soient sexuelles, politiques ou linguistiques ; mettre la marge au centre. Etaient invités les musicien.ne.s Rodolphe Burger et Léonie Pernet, les danseurs Ben Salaah Cisse, Luc Sanou, le chorégraphe Mickaël Phelippeau, les auteur.e.s Patricia Allio, Mohamed Nour Wanna, Hélène Giannecchini, Florian Gaîté, les artistes performers activistes Kubra Khademi,Sébastien Thiéry du PEROU, Patricia Allio, Jérémie Nicolas et Clarisse Tranchard.Ben & Luc, une performance de Mikaël Philippeau et de deux danseurs Burkinabé, a inauguré le festival.

Le lendemain, les frontières de ICE se sont déplacées pour un « Autoportrait aux habitant·e·s de l’île de Batz », une proposition de Rodolphe Burger liant les rives de Plougasnou et de Saint-Jean-du-Doigt avec la baie de Morlaix et l’île de Batz. Le festival s’est poursuivi en lien avec l’Afghanistan à Plougasnou où Kubra Khademi a performé et Patricia Allio qui a présenté son Autoportrait à sa grand-mère ». Le dimanche à Plougasnou c’est le collectif PEROU qui a animé une journée de réflexions, à partir d’une installation et d’interventions de Sébastien Thierry.